Athlétisme / Thérèse Maheza Anaming, la quête de reconnaissance

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Au Sénégal depuis 2016, une athlète nommée Thérèse Maheza Anaming fait la fierté du Togo sur le semi-marathon. Très peu connu du public sportif togolais, cette athlète originaire de la ville de Kara située à 411 km au nord de Lomé la capitale fait parler d’elle en termes de statistique. En cinq ans d’activités, elle a remporté 22 des 29 compétitions de semi-marathon auxquelles elle a participé en plus de plusieurs trophées et médailles.

Discrète dans la vie active, la Togolaise Thérèse Maheza Anaming arrivée à Dakar au Sénégal en 2013 par le biais d’une communauté religieuse se fait un nom dans le domaine du sport. Spécialiste du semi-marathon, elle s’aligne également sur le 5.000m. La nouvelle épreuve sur laquelle elle veut exceller est le 800m sur laquelle elle s’aligne depuis cette saison dans le championnat sénégalais d’athlétisme. Le 26 juin dernier, l’athlète togolaise a remporté le meeting de Louga où elle a amélioré son propre record de trois secondes. Quelques jours plus tard, le vendredi 9 juillet dernier, elle a enchainé les performances en terminant deuxième sur le 5.000m au cours du championnat du Sénégal. Sur cette épreuve, elle a eu la visite surprise de compatriote Nathalie Noameshie, Directrice générale adjointe de l’Education physique et sportive (EPS) à la CONFEJES basée à Dakar, qui est venue lui apporter son soutien.

Thérèse Maheza Anaming : la naissance d’une passion

Dans un entretien exclusif accordé à nos confrères d’africatopsports, Thérèse Maheza Anaming révèle que sa vocation pour l’Athlétisme est née depuis les bancs d’école. « Depuis l’école, j’ai commencé par le football où on jouait les interclasses. En classe de 6e, mon professeur d’EPS me fit participer à une compétition de course sur 6 km à Sotouboua (288km au nord de Lomé, Ndlr) où je finis 5e. Ce fut donc ma première fois de découvrir l’athlétisme », a-t-elle raconté. Jusque-là, la passion pour la discipline n’a pas commencé à porter ses fruits. « Après cela, je participais à quelques courses organisées dans le lycée et dans la préfecture… Nous étions deux filles à l’époque, mais nous n’avions jamais eu l’occasion de participer aux compétitions hors de notre préfecture, malgré nos performances exceptionnelles du moment », s’est-elle rappelée. Après l’obtention de brevet d’études du premier cycle, la future athlète s’est lancée dans la vente des produits cosmétiques avant de s’envoler e 2013 pour Dakar où elle a été accueillie par une congrégation religieuse pour s’occuper d’un enfant autiste. A la recherche du meilleur, elle a touché d’autres boulots similaires jusqu’à devenir plus tard responsable du personnel et chargée d’animation des enfants en plus d’autres formations. Elle a gardé son amour pour les enfants, un domaine dans lequel elle continue d’exercer. Sa passion pour l’Athlétisme va réellement commencer le 14 février 2016 lorsqu’elle va terminer en tête de course du marathon Eiffage. « Trois ans après mon arrivée au Sénégal, je participe au Marathon d’Eiffage option Semi-Marathon et j’ai fini première », s’est souvenue Thérèse Maheza Anaming et de poursuivre que « cette passion a réellement commencé à partir de ce marathon, car je ne savais pas qu’il y avait de si grandes compétitions de courses. Depuis ce jour, je n’ai ménagé aucun effort, pour participer et remporter la plupart des compétitions, qui ont suivi ».

Par les performances, tracer la persévérance et le courage

Ayant pris goût au semi-marathon, l’athlète togolaise qui a pour référence l’Ethiopienne Almaz Ayana à cause de sa résistance dans les courses malgré sa petite taille (1,66m), sa rapidité et le nombre de compétitions qu’elle a gagnées, ne cesse de crever le cran à travers ses performances. En s’engageant dans l’athlétisme, la jeune togolaise s’est faite une promesse. « Après ma première réussite au marathon de 2016, je me suis promis d’écrire mon histoire dans le monde du sport et encourager la jeunesse féminine, à travers mon histoire, tracée de la persévérance et du courage », s’est-elle confiée à nos confrères du site africatopsports. D’ailleurs sa persévérance a été payante en avril 2017 lorsqu’elle a remporté le marathon de Dakar alors que deux semaines plus tôt, elle a été victime d’un accident de circulation. Cet évènement, « ce fut marquant, parce que deux semaines avant le marathon, précisément le 4 Avril, j’ai eu un accident à la descente des phares de Mamelles à vélo. Transportée à l’hôpital par les sapeurs-pompiers, mon seul souci était de savoir, comment faire pour participer au marathon ; le médecin me disait d’oublier cette compétition et de me concentrer sur mon rétablissement. Mais deux jours après j’ai repris les entrainements, avec un foulard que j’utilisais pour couvrir mon visage couvert de blessures. En me voyant, mes voisins m’ont surnommée Tortue Ninja [Rire]. Et au jour du Marathon, je fus première à la ligne d’arrivée ».

L’histoire de Thérèse Maheza Anaming pour l’instant s’écrit en termes de statistique avec 29 participations à des compétitions dont 22 ont été remportées. Parmi celles-ci, on peut citer les deux marathons organisés par la société française Eiffage au Sénégal, les deux marathons de la Gambie ainsi que beaucoup d’autres cross organisés çà et là dans des régions du Sénégal, sans oublier les championnats nationaux du Sénégal. A son palmarès, elle précise avoir « eu des distinctions, durant les compétitions. Lors des 29 compétitions auxquelles j’ai participé, j’ai terminé première à 22 reprises, quatre fois deuxième et trois fois troisième. J’ai reçu au total 16 trophées et 23 médailles et des primes ». Malgré ses prouesses, l’athlète fait face à des difficultés : « le manque de soutien et d’encadrement sérieux », a-t-elle relevé. Comme soutiens, elle n’a que sa famille et quelques amis. Insuffisant pour réaliser pleinement ses objectifs d’où son appel aux bonnes volontéspour les prochaines compétitions. « Je crois que je peux compter sur mes compatriotes de partout le monde et sur les autorités sportives du Togo », lance-t-elle en guise d’espoir.

Enfin la reconnaissance

Si l’athlète avoue être « moins informée de l’Athlétisme au Togo, mais c’est une fierté de voir les compatriotes participer aux compétions internationales notamment les jeux olympiques », il est temps également pour la Fédération Togolaise d’Athlétisme surtout avec l’élection d’une dame à la présidence de ladite fédération de prendre la perche tendue par Thérèse Maheza Anaming à deux mains pour une reconnaissance nationale et qu’elle jouisse de sa fierté nationale en bénéficiant d’une bourse pour se perfectionner et représenter dignement le drapeau national aux compétitions internationales car son souhait est de faire de l’Athlétisme une carrière professionnelle et défendre un jour les couleurs de son pays aux Jeux Olympiques. En novembre prochain se tient l’édition 2021 du marathon Eiffage pour lequel elle attache du prix.

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